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Les Maudits

Entrer dans le Borda, c’est un peu comme marcher sur des pavés mal enchâssés, toujours sur le point de se dérober sous le pied. La réalité vacille et plus rien n’a la consistance de la certitude. Une anecdote est racontée aujourd’hui mais, demain, la même histoire sera différente et, la semaine prochaine, elle sera devenue une fâble ou aura sombré dans un parfait oubli. Rien n’est certain, tout est précaire. L’hôpital, aussi, est toujours sur le point de disparaître, et ce n’est pas qu’une impression. Politiques et spéculateurs rêvent de convertir ces 20 hectares en grand ensemble luxueux, composé de bureaux ultra modernes et d’appartements clinquants, un quartier lisse et stérile d’une ville Playmobil. Mais un détail entrave ce projet de bureaucrate mégalomane : les habitants du Borda ne ressemblent en rien aux mannequins stylisés peuplant les maquettes d’architectes et d’urbanistes. Les habitants du Borda sont un cauchemar de technocrate. Entre la folie et la normalité, il existe une fragile frontière qui nous interroge et nous traverse tous. Mais il existe aussi des murs épais et bien concrets, derrière lesquels se cachent les folies d’une ville, comme un tabou familial que l’on préfère taire lors déjeuner dominical. Dans le cas du Borda, le secret a transpiré : le Front des Artistes, la Colifata, Cooperanza… Les organisations sociales et artistiques sont nombreuses  à avoir donner la parole à ceux qui étaient destinés à rester muets. Ces voix luttent au quotidien contre la stigmatisation et l’oubli: elles crient, susurrent, se taisent, se fragmentent et se relient ; elles tissent d’autres histoires, les histoires d’êtres suspendus dans le temps.

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Un regard à travers la vitre brisée d’un des bâtiments délaissés de l’Hôpital psychiatrique la Borda.

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L’Hopital psychiatrique José Tiburcio Borda à Buenos Aires, dans le quartier de Barracas, est une des principales institutions dédiées à la santé mentale en Argentine.

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Cela fait des années que Pablo Morales est interné à La Borda. Arrivé tout jeune à Buenos Aires, il rêvait d’être footballeur professionnel.... (+)

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Sandro est arrivé à l’hopital après avoir trouvé sa femme dans les bras d’un autre, dans leur propre lit. Il ne l’a pas supporté et est devenu très violent. Il a d’abord séjourné dans l’unité 20, le service pénitentiaire qui fonctione à l´interieur de l’hôpital.... (+)

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Intérieur des bâtiments de l’hôpital psychiatrique la Borda.

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Les bâtiments du plus grand hôpital psychiatrique d’Argentine, La Borda.

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Une réalisation du Centre Culturel de la Borda, un atelier qui permet aux internes d’exprimer leur créativité, plusieurs fois par semaine.

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Les bâtiments désaffectés du Borda, où viennent parfois se reposer les patients externes qui n’ont nulle part où aller.

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Un patient de l’hôpital psychiatrique lors d’un atelier de théâtre, organisé par le Front des Artistes du Borda une fois par semaine.

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Vue du service 14-22. Quand il fonctionnait, on y traitait spécifiquement des patients atteints de HIV et avec des problèmes d’adiction aux drogues.... (+)

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Installation artistique dans un arbre de l’hopital.

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Jagger est un patient externe de l’hôpital Borda. Il participe de certains atelier du Front Des Artistes du Borda, il mange avec Cooperanza et travaille pour le Pan del Borda.... (+)

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Bâtiment de «la colifata», la radio des patients de l’hopital Neuropsichiatrique Borda.

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Des graffitis sur le mur des bâtiments du Borda: «Paranoico» (paranoïaque), «Depresivo» (dépressif), «Psiquiatra» (psychiatre).

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Peu de lumière entre dans les locaux du Borda.

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Eber Isaac Beltrán est le présentateur de l’émission «momento Boliviano» sur la radio du Borda, la Colifata. Quand on lui demande depuis combien de temps il est interné, il sort sa calculatrice. Il communique directement avec son ciel et ses montagnes natales.

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Le service 14/22 accueillait des malades psychiatriques souffrant du sida et de problèmes de drogue. Le gouvernement actuel a ordonné la clôture du service et a transféré les internes dans des cliniques privés.... (+)

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Torres Ochoa a sa propre émission de radio à la Colifata. Tous les samedi, à la tombée du jour, il passe des chansons de l’Altiplano et invoque la Pachama (Mère Terre) pour l’émission «Momento Boliviano» qu’il conduit avec Eber Beltran.... (+)

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Pablo Morales est un des participants les plus actifs des ateliers du front des artistes du Borda. Un jour, il peut raconter qu’il est entré à l’hopital en 1978, après avoir volé la coupe du monde de football au joueur Argentin Mario Kempes.... (+)

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Des peintures rafraîchissent les murs de l’hôpital.

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