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La famille Cromagnon

30 décembre à Buenos Aires, plein été en Argentine, et ce soir il fait particulièrement chaud en cette fin d’année 2004. «Callejeros» termine sa série de trois concerts à «Republica de Cromañon», ancienne discothèque devenue salle de concert. En fait un vieil hangar qui longe les voies de chemin de fer de ce quartier de la gare centrale. Ce soir là, comme tous les autres soirs, la salle est remplie mais les gens continuent à entrer. C’est un petit groupe mais qui fait le plein à chaque concert. Partout où ils jouent, des jeunes entre 14 et 20 ans s’entassent au pied de la scène pour être au plus près de ces gars qui leurs ressemblent. On est loin du rock paillette de MTV et de tout ces groupes qu’on promotionne dans les magazines rock. Ici c’est le rock'n roll des quartiers, il faut se la jouer simple, c'est la culture de ceux d’en bas, et on le revendique. Sur la scène Omar Chaban, le propriétaire du lieu essaye de calmer la foule et anticipe: «on est 6000 ici, s’il arrive quelque chose, par cette porte on ne sort pas, ça va être un massacre». Depuis quelques années les concerts de rock ressemblent de plus en plus à des matchs de foot: chants, drapeaux, feux de bengales et fusées de feu d’artifice... Mais «Cromagnon» n’est pas un stade à ciel ouvert, et à peine quelque secondes après le début du concerts une des fusées touche la toile tendue du plafond. Deux secondes de silence puis c’est la panique. L’incendie se propage vite et c’est dans le noir complet et au milieu des cris que les gens essayent d’échapper à la fumée épaisse qui empli le lieu. D’après l’enquête il y avait à ce moment là 2811 personnes, alors que l’endroit ne devait pas en accueillir plus de 1031. Les sorties de secours avaient été bloquées avec chaînes et cadenas, et le lieu ne disposait d’aucun d’extincteur en état de marche alors même que «la boite était en règle» (selon les inspecteurs municipaux qui avaient autorisé son fonctionnement). Le bilan du désastre s’élève à 194 victimes, la majorité morte cette même nuit et les trois jours suivant. Le maire de Buenos Aires Anibal Ibarra a été écarté de son poste le 14 novembre, après que l’organisation des familles et amis des victimes ait lancé une procédure judiciaire à son encontre. Omar Chaban, propriétaire de Cromagnon, est emprisonné et risque plus de vingt ans de prison pour ravage suivi de décés. Les membres du groupe Callejeros, en tant qu’organisateurs et responsables de la vente des entrées, risque la même peine pour les mêmes chefs d'accusations. A 2 ans de la tragédie, une manifestation de rue réclamera, comme le 30 des 23 derniers mois pour que un accident comme celui-ci ne se répète pas, en asseyant pour leur part d’éviter les métaphore.

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Les baskettes sont devenues un symbole du massacre de Cromañon. Depuis le 30 décembre 2004, les chaussures qu'utilisait «la tribu de Rollingas» (les fans du groupe qui jouait ce soir là), s'affichent en mémoire des 194 victimes.

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La manifestation deux ans après la massacre de Cromañon Sur un des murs du sanctuaire, à côte du nom du groupe «Callejeros», ce message: «Je me les imagine heureux. Je me les imagine sautant de joie. Je me les imagine fiers de nous voir lutter...»

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Depuis le 30 décembre 2004, une manifestation est organisée tous les 30 de chaque mois.

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Deux ans après les faits, lors d’une manifestation, les noms des victimes écrits sur un des mur de la Plaza Once, à quelques mètres d'où se trouvait «Cromagnon».

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Après avoir découvert les corps de plusieurs enfants dans les toilettes de la salle, une rumeur a été diffusée dans la presse, faisant écho d'une garderie clandestine pour que les parents laissent leurs enfants pendant le concert.... (+)

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Les parent des victimes assistent au procès politique contre le maire de la ville de Buenos Aires. Ils considèrent que la corruption des inspecteurs municipaux est la principale cause de l’amplitude de la tragédie.

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Buenos Aires, le 14 novembre 2005, manifestation de joie des familles et amis des victimes après l'annonce de la déstitution du maire de Buenos Aires, Anibal Ibarra.

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Sanctuaire sur la Plaza Once.

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Buenos Aires le 01 octobre 2005. Inauguration de «la forêt pour la mémoire». 194 arbres ont été plantés, un pour chacune des victimes.

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Un sanctuaire a été érigé sur la place Miserere avec les effets personnels des victimes.

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Le groupe Callejeros est considéré en partie responsable de ce qui s'est passé le soir du concert. En tant que co-organisateurs ils étaient chargés de la vente des entrées et de la sécurité de la salle. Les fans du groupe pensent qu'ils sont plus victimes que coupables.... (+)

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Concert du groupe «el bordo» au Teatro, le 24 deptembre 2005.

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Concert du groupe «el bordo» au Teatro, le 24 deptembre 2005.

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Au lendemain du massacre de Cromagnon (du nom de la salle de concert), des familles cherchent dans les listes de la morgue le nom de leurs proches.

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Le «sanctuaire», lieu de recueillement des familles, à deux pas du lieu de la tragédie.

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